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Forum des internautes : Le CSC exige la modération a priori

lundi 15 février 2010

L’épée de Béatrice, qui planait sur la tête de L’Observateur Paalga a fini par le frapper sous la forme d’une lettre (voir encadré) adressée le 9 février 2010 par la présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC) à notre directeur de publication, Edouard Ouédraogo.


Objet : appel à une modération a priori du forum des internautes du site de votre journal. Cette injonction fait suite à une audition d’Edouard Ouédraogo en date du 25 janvier 2010. Ce qui faisait déjà dire à certains membres de la Rédaction que c’est la chronique d’une mort programmée dudit forum, en tout cas dans sa forme actuelle. C’est donc ce qui devait arriver qui a fini par arriver.

Il faut reconnaître avec humilité que le CSC a la loi avec lui. On ne peut, de ce fait, que se plier à ses observations. Certains verront sans doute dans cette décision une volonté manifeste du gendarme des médias de « bâillonner le peuple » en cette année qui s’annonce électoralement chaude avec la présidentielle de novembre 2010 et les velléités réitérées de tripatouiller l’article 37 de la Constitution qui, actuellement, limite à deux le nombre de mandats présidentiels. On peut donc imaginer que les internautes qui n’étaient déjà pas tendres pourraient davantage aiguiser leurs dents au fur et à mesure que l’échéance approchera.

Après les coups de semonce faits de panel (1) où L’Observateur était, en réalité, l’unique cible parce que le seul au Burkina Faso à faire de la modération a posteriori, et d’interpellations diverses et d’auditions, on a donc sorti l’artillerie lourde. A partir donc d’aujourd’hui, sur notre site web, le forum sera modéré a priori (voir encadré) jusqu’à nouvel ordre. C’est l’interactivité, l’essence même d’internet de nos jours, qui en pâtira.

En réalité, quelles que soient les raisons réelles, supposées ou fantasmées qui ont présidé à l’oukase de Tantie Béa, on aurait tort de lui jeter la pierre. Car, à y regarder de près, les internautes ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Nous leur avions en effet offert un espace de débats contradictoires et démocratiques qui fonctionnait, à la limite, comme une catharsis collective, un régulateur de tensions sociopolitiques. Hélas ! certains ont vite fait de le transformer en foire d’empoigne, en lieu d’invectives, de dénonciations calomnieuses et de diffamation, sur fond de règlements de comptes, quelquefois, personnels. Nous avons même à plusieurs reprises attiré l’attention des internautes sur le risque qu’ils faisaient courir à leur outil. Mais rien n’y a fait.

C’est donc eux qui, par leurs excès, ont méthodiquement tressé la verge avec laquelle Béatrice Damiba les fouette à présent. Des excès d’autant plus coupables qu’eux se calfeutraient dans le confort douillet de l’anonymat pour décocher, en bons snipers, des flèches assassines. Trop facile, car il n’y a pas de liberté sans responsabilité. On n’est pas loin de penser que certains Burkinabè ne méritent pas encore cette liberté que nous leur avions offerte. Et il leur faut sans doute aller à l’école de la responsabilité et du respect.

Tel Frankenstein, victime de son monstre devenu incontrôlable, L’Observateur a même souvent été la principale cible de ces tireurs embusqués. Combien de journalistes ont déjà été pris à partie par certains internautes qui s’autoproclament champions de la démocratie alors même qu’ils ne peuvent pas supporter les opinions des autres ? En tout cas, on en connaît à la Rédaction, et ils sont nombreux, qui ne vont pas verser une larme sur le cadavre de la modération a posteriori, qui est, il est vrai, la porte ouverte à toutes les dérives.

La Rédaction Internet

Note : (1) Le 11 mars, le CSC a organisé à Ouagadougou un débat sur les forums des internautes des journaux burkinabè


L’oukase de Béa

Voici la lettre que la présidente du CSC a adressée à notre directeur de publication, l’invitant à prendre toutes les dispositions utiles pour procéder à une modération a priori des réactions des internautes du site de L’Observateur Paalga.

Ouagadougou, le 9 février 2010

Monsieur le Directeur de Publication, Suite à votre audition du 25 janvier 2010 au sujet de l’administration du « Forum des internautes » du site web de votre journal, www.lobservateur.bf, il nous a été donné de constater que la modération se fait a posteriori. Au regard des dérives qui y sont légion, le Conseil note que cette approche présente des limites objectives et se révèle préjudiciable aussi bien à la liberté de presse qu’aux droits des tiers.

En effet, outre la plainte du Député Mahama Sawadogo qui a suscité cette audition, nous avons observé, à la date du vendredi 29 janvier, une juxtaposition d’un article d’un autre journal à la suite de la rubrique Une Lettre pour Laye. Cet article, à fort relent sensationnel, a suscité des commentaires contraires à la législation et à la réglementation en matière de presse au Burkina.

En conséquence, le Conseil vous invite à prendre toutes les dispositions utiles pour procéder à une modération a priori du site en attendant les mesures que vous nous avez annoncées lors de l’audition. Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur de Publication, l’expression de ma considération distinguée.

Béatrice Damiba Présidente du CSC


Modération a priori, mode d’emploi

Désormais, jusqu’à nouvel ordre, sur notre site web, les réactions et contributions des internautes seront modérées a priori : en clair, lorsqu’un internaute réagit à un article sur notre site, sa réaction ne sera pas publiée directement comme c’était le cas lors de la modération a posteriori.

A présent, il faut qu’un modérateur du journal lise et décide de valider ou non toute contribution postée sur notre site internet. S’il décide de valider la contribution, alors celle-ci va s’afficher sur le site et sera donc visible par les autres internautes.

La Rédaction Internet de L’Observateur Paalga, pour sa part, sait compter sur la compréhension des uns et des autres et prendra par conséquent les dispositions idoines pour raccourcir les délais de validation des contributions des internautes.

L’Observateur Paalga

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