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Protection des données personnelles : Les cadres et futurs cadres de Boussé à l’école de la CIL

jeudi 22 novembre 2018

La Commission de l’informatique et des libertés (CIL) était dans la commune de Boussé dans la province du Kourwéogo ce 21 novembre 2018. L’institution a outillé les cadres de l’administration publique sur la protection des données personnelles. Eux qui collectent, traitent chaque jour des informations sensibles des citoyens se doivent de les manipuler avec minutie pour qu’elles ne tombent pas dans de mauvaises mains. L’équipe de sensibilisation de la CIL a aussi rencontré les élèves du chef-lieu de la province du Kourwéogo. Friands des réseaux sociaux, ils ont été instruits sur les risques et surtout les bonnes conduites à avoir sur la toile, l’ordinateur et le portable.


L’administration publique est désormais une intarissable mine d’informations en ligne. Le personnel de l’Etat est géré par le Système intégré de gestion administrative et salariale du personnel de l’Etat (SIGASPE), la dématérialisation des procédures est de plus en plus une réalité avec l’inscription à certains concours qui se fait en ligne...

Selon le préfet de la commune de Boussé qui a représenté le Haut-commissaire de la province du Kourwéogo à la cérémonie d’ouverture du séminaire, ces innovations technologiques, couplées à une organisation de plus en plus scientifique des systèmes de gestion relativisent les distances, banalisent l’espace et le temps. En même temps, cette nouvelle configuration pose la problématique de la sécurité de l’information de façon générale, et du point de vue des droits humains, pose celle relative à la protection des données personnelles et la vie privée des individus. La numérisation des données n’a pas que des avantages. Loin de là.

L’administration publique est devenue une cible privilégiée des cybercriminels, tant il est vraie que l’information est source de convoitises. La récurrence des attaques des sites internet des administrations et institutions au Burkina Faso ces dernières années, sont la preuve qu’il faut s’entourer du maximum de précaution pour ne pas laisser les données à caractère personnel des citoyens et celle de l’administration à la merci de mauvaises personnes.

Ce séminaire de formation au profit des cadres de l’administration publique de la province du Kourwéogo est donc vu par le préfet, Sanfiénalé Joseph Sirima, comme étant une aubaine pour éviter les éventuels écueils et dérives. Les bénéficiaires de la formation ont ainsi pu cerner toutes les exigences qui doivent entourer leur manipulation au quotidien de certaines informations. « Dans notre administration de nos jours, tout acte qui est établi nécessite la collecte de données personnelles des citoyens. Notre mission au niveau de la CIL est de veiller à la protection de ces données personnelles par les responsables de traitement qui sont généralement les administrations, ce qui nécessite une sensibilisation de tous ces responsables de traitement » a pour sa part expliqué la présidente de la CIL, Marguerite Ouédraogo.

La prudence, le bouclier de tous les clics

Trois communications ont été données à ce séminaire. Le président de la Commission de l’informatique et des libertés, Marguerite Ouédraogo a campé le décor par la présentation de l’institution qu’elle dirige et la loi 010-2004/AN du 20 avril portant protection des données à caractère personnel. La commission qui est composée d’un collège de neuf membres nommés en conseil des ministres a, entre autres, pour mission d’informer les personnes de leurs droits et obligations en matière de données à caractère personnel et de protéger ces droits.

Sié Maxime Da, directeur de l’expertise technique du contrôle de la CIL, a assuré la deuxième communication en abordant la thématique de la criminalité, la sécurité des systèmes d’information et les enjeux liés à la protection des données personnelles. Il a insisté sur le fait qu’un simple mot de passe ne suffit pas à sécuriser un ordinateur, il faut faire attention aux clés USB introduites dans les ordinateurs du service, aux mots de passe des wifi donnés à des personnes étrangères au service. La prudence sur toute la chaine de traitement des données personnelles des citoyens doit être toujours de mise.

Quand au troisième thème, c’est le secrétaire général de la CIL, Ahmed Noël Ouédraogo qui s’en est chargé. Les réseaux sociaux : mode d’emploi pour une meilleure protection des données personnelles et de la vie privée, c’est l’intitulé de sa communication. De façon pratique, le secrétaire générale tout en évoquant les avantages des réseaux sociaux, a présenté les risques liés à leur utilisation, avant de de donner des conseils. Il n’y pas d’anonymat parfait sur les réseaux sociaux, a dit le communicateur pour qui tous les services internet sont traçables, d’où la nécessité d’avoir toujours un comportement responsable en n’échangeant pas ce qui a un caractère personnel, intime, au risque de faire l’amère expérience du vol d’identité, de l’arnaque et autres écueils.

Dans la soirée à la maison des jeunes de Boussé, ce sont des centaines d’élèves qui sont venus à l’école d’internet et des réseaux sociaux. Ousseni Dialla, Juriste à la CIL dans une démarche participative a conseillé son auditoire sur la bonne attitude à avoir sur les réseaux sociaux. Tout le monde ne vous veut pas de bien sur internet, a dit le juriste aux jeunes cerveaux. Il faut donc tourner sept fois son index, le discipliner avant de cliquer sur quoi que ce soit sur la toile.

Après Boussé, l’équipe de la CIL sera ce 22 novembre 2018 à Yako dans la province du Passoré.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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