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TIC et monde rural : L’association Yaam Pukri, apporte la technologie dans les champs

lundi 19 octobre 2009

Permettre l’utilisation des TIC par les populations rurales, tel est le credo de l’association Yaam Pukri. Créée en 1998, elle accompagne, les ONG et les associations dans l’introduction des TIC dans le monde rural. Son intervention a permis aux organisations villageoises d’accroître leur productivité et de faciliter la commercialisation de leurs produits.


De la technologie de pointe (téléphones portables, ordinateurs connectés sur internet et même des GPS), est installée dans la campagne burkinabè. Cela parait insolite. Pourtant, c’est ce pari à priori fou, que Yaam Pukri et ses partenaires du Burkina NTIC, sont en passe de remporter. Ils ont d’abord répertorié toutes les associations et ONG. Puis, ils les ont mises sur un site portail dans l’optique de les faire connaître. L’objectif principal du projet était d’accompagner les jeunes des provinces dans la dynamique d’appropriations des TIC. « Nous voulions démystifier les outils de communication de sorte à ce que les populations rurales s’en approprient », affirme Roukiétou Ouédraogo, de Yaam Pukri.

Pour ce faire, les premiers cours d’initiation à l’informatique étaient dans les langues locales compréhensibles pour l’ensemble de la population. Cela pour éviter que la langue ne soit une barrière à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication en campagne. « Au début, les gens avaient peur de toucher aux machines, de peur de les endommager, se souvient-elle. Maintenant, ils savent qu’ils peuvent les manipuler sans crainte ».

L’introduction des TIC a entrainé un changement positif dans le monde rural. Ainsi, des associations comme « Songtab Yalgré », ont pu accroître leurs productions. Cette association de femmes fabrique une gamme variée de produits à base du karité. A chaque niveau de la production, les technologies de l’information et de la communication, interviennent. Lors de la plantation des arbres, les femmes ont recours à l’assistance du GPS pour une utilisation rationnelle de l’espace. A la phase de commercialisation du produit fini, elles n’apportent plus leurs marchandises au marché comme au paravent. A présent, elles font du E-commerce. La transaction entre elles et l’acheteur se fait par mail. Si l’affaire est concluante, le paiement se fait par virement par le biais des compagnies de transfert d’argent.

Malgré, l’apparente complexité des opérations, les femmes s’en sortent assez facilement grâce aux séances de formations dispensées par Yaam Pukri. « Nous avons enseigné aux femmes le B A BA sur l’utilisation d’internet. Elles savent maintenant comment consulter leurs boites électroniques, lire les mails et pouvoir y répondre. L’objectif n’est pas de les transformer en as de l’informatique, mais plutôt de leur inculquer le minimum nécessaire, compréhensible pour une personne qui a au moins le niveau du cours moyen », a affirmé Mme Ouédraogo.

Cependant, la réussite des activités ne doit pas occulter les multiples contraintes qui entravent à l’introduction des TIC, dans le milieu rural. Il est en effet très difficile d’utiliser les TIC en campagne. Le plus grand obstacle est celui de l’énergie. L’absence d’un réseau fiable d’électricité, augmente le coût d’installation et d’exploitation. La majorité des associations utilise des groupes électrogènes. Avec le renchérissement perpétuel du prix du carburant, cela joue sur la compétitivité des produits car le coût de production est répercuté sur le prix des produits. L’énergie solaire qui pouvait être une alternative, est trop couteuse pour les organisations villageoises. Une autre difficulté concerne la connexion internet qui demeure instable. Fasonet, le seul fournisseur en campagne, est parfois inaccessible durant plusieurs jours.

Pour contourner toutes ces difficultés les groupements villageois « accros » d’internet ont développé d’autres stratégies. « Devant l’instabilité de la connexion, il y a des associations qui envoient à Ouagadougou des clés USB contenant des informations sur le prix de leurs produits ou tout simplement des factures. Nous les récupérons et nous envoyons les informations à leurs partenaires » a dit, Roukiétou. Cela dénote de l’appropriation et la prise de conscience de ce que peuvent apporter les TIC. Malgré les difficultés d’ordre technique et financier, l’implantation des TIC en milieu rural est une réalité. Il ne reste plus qu’à consolider le système.

Nourou-Dhine Salouka

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