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Le CSC dans le Centre-Ouest et le Mouhoun : La ronde de Béa

lundi 19 octobre 2009

Dans le cadre de la poursuite de ses tournées entamées dans les médias du Burkina Faso, la présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC), Béatrice Damiba, accompagnée de proches collaborateurs, a effectué du 13 au 16 octobre 2009, une visite dans les régions du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun. Cette sortie, aux pas de course, entre en droite ligne dans sa mission de régulateur qui est essentiellement de veiller au bon ordre et au respect des consignes édictées aux acteurs du monde de la communication.


Dans son déplacement, la présidente du CSC était accompagnée des conseillers Boniface Coulibaly et Adèle Traoré ; de son directeur de cabinet, Alain Edouard Traoré ; ainsi que de quelques responsables de services techniques. Pendant quatre jours, ils ont visité dans les deux régions ci-dessus citées, dix-huit stations de radio où ils ont pris soin de bien écouter leurs promoteurs avant de leur faire profiter de bons conseils, remarques et suggestions pour une amélioration qualitative dans le respect des engagements pris auprès du CSC.

C’est par la province du Boulkièmdé que Béatrice Damiba et la délégation qui l’accompagnait ont débuté leur inspection des médias, le mardi 13 octobre 2009. Accueillie à chaque étape par les autorités politiques et administratives, elle a pu, les jours suivants, toucher du doigt les réalités de terrain dans le Sanguié, le Sourou, le Mouhoun et la Kossi. Assistée de ses techniciens, madame Damiba a personnellement vérifié, çà et là, la conformité des installations avec les dispositions conventionnelles.

Dans les différentes stations de radio visitées, les problèmes relevés, à quelques exceptions près, sont les mêmes. Ils ont principalement pour noms : Absence de paratonnerres sur les antennes, émetteurs mal logés et mal rafraîchis, studios insonorisés, exiguïté des locaux, vétusté du matériel technique, manque de formation des agents commis à la tâche, interférences entre émetteurs-récepteurs, difficultés d’approvisionnement en énergie…

Des radios porte-étendards

Si dans la plupart des localités visitées beaucoup de radios sont toujours à la traîne, force est de reconnaître que certaines gardent admirablement la tête hors de l’eau. C’est avec bonheur que la présidente du Conseil a noté les efforts consentis par nombre de promoteurs dans le secteur de la communication, d’où sa satisfaction somme toute légitime.

Contrairement à des chaînes qui utilisent des équipements de base non conformes exactement à ceux décrits dans le dossier de soumission, qui emploient un personnel non déclaré à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), qui ont des problèmes de statut, qui ne respectent pas les normes techniques par rapport aux locaux… ; d’autres, en effet, se singularisent par leur sérieux, leur sens de responsabilité. Parmi elles, on peut citer, pêle-mêle, la « Radio Palabre » de Koudougou (92.2 FM), une radio communautaire de l’association « Benebnooma », dont la grille des programmes est axée essentiellement sur le développement du monde rural, la santé, la protection de l’environnement et la sensibilisation de la jeunesse sur divers sujets d’intérêt. Il y aussi la « radio CEDICOM » de Dédougou (96.8 FM).

Instrument confessionnel du Centre diocésain de communication axé sur le monde rural, elle a pour objectif de favoriser une meilleure formation et une sensibilisation des communautés de la Boucle du Mouhoun pour leur bien-être matériel et spirituel. Toujours à Dédougou, la « Radio Salaki » (100.1 FM) s’affiche aussi comme une référence. Egalement radio communautaire, elle se veut un médium d’éveil des consciences qui couvre pratiquement toute la région.

Du côté de Nouna dans la Kossi, c’est la « Radio Kantigiya » (88.8 FM) qui se fait citer en exemple. Comme sa sœur CEDICOM de Dédougou, elle est une radio confessionnelle qui, lors d’un précédent passage d’une mission du CSC, avait déjà donné satisfaction à la délégation quant à la qualité de son bâtiment, de son matériel technique et de son personnel.

Fréquence Magique de Dédougou, un ersatz de radio ?

Des lanternes rouges, il en existe malheureusement dans le milieu foisonnant des radios à travers le Pays des hommes intègres. La sortie de la présidente du Conseil supérieur de la communication a permis de détecter des « canards boiteux » au rang desquels la « Radio (Fréquence Magique) Bankuy », FM de Dédougou ; communément appelée, comme ses sœurs partout ailleurs dans le pays, « Radio de Moustapha », du nom de son promoteur, Moustapha Laabli Thiombiano, patron incontesté de la chaîne Horizon FM. Située au côté nord-ouest du grand marché de Dédougou, Radio Bankuy, qui a une vocation commerciale, émet sur la 102.7 FM. Elle est pilotée par un directeur, assisté d’un chef des programmes, un directeur commercial, un chef du personnel et une équipe de quatre animateurs dont une femme. Seulement deux personnes sont déclarées à la CNSS.

Cette radio, qui ne bénéficie pas de l’aide de l’Etat à la presse, ouvre de 5 heures à 22 heures, soit 18 heures par jour. Lors du passage de la dernière mission du CSC dans ses locaux, cette station ne disposait pas de matériel de pointe. Fait déplorable et marquant, l’espace. Une seule et même pièce héberge toutes les sections de la radio.

Une véritable « boîte de sardines » qui ne répond nullement aux normes définies par les services de Béatrice Damiba. Sur place, la délégation a pu se rendre compte des difficultés que vit la radio, ce qui entache énormément la qualité du travail. Selon certaines indiscrétions, la station aurait maille à partir avec la Nationale de l’électricité, et au passage de l’équipe du CSC, un raccordement avec un voisin aurait été fait pour permettre à la « Fréquence Magique » d’avoir le jus. Une acrobatie qui avait pour but de tromper certainement la vigilance du régulateur.

Statut de « Radio Kosen Kibaru », un sujet qui fâche

Cette radio qui émet sur la 91.9 FM, jadis sous la responsabilité de la province de la Kossi, a repris ses émissions le 16 février 2007, sous la tutelle de la mairie. La station est confrontée depuis la dernière visite de la mission du CSC en mai 2008, à un problème de statut. En effet, il y a une confusion par les autorités locales de la notion de radio communautaire et radio communale. A ce propos, le chef de station, Boureima Jules Kiénou, avait adressé le 30 avril de l’année dernière, une lettre à madame le maire, Mariame Fofana, sur la nécessité de déterminer des textes organiques de la radio. Interrogée sur le sujet, celle-ci se fâche visiblement, mais accepte tout de même de s’exprimer. Selon elle, il fut un moment où il y avait une tension qui ne permettait pas la mise en place d’un comité de gestion de la radio. Elle affirme avoir écrit, en son temps, au ministère en charge de la Communication, à celui de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, au CSC.

Depuis, elle attend des réponses. Ensemble avec les différentes parties prenantes, ils verront au niveau de la commune ce qu’il y a lieu de faire. La colère n’arrange rien à son avis et pour sûr, un terrain d’entente sera trouvé, convaincue qu’elle est qu’en personnes adultes et matures, ils finiront par se comprendre. Lorsque le titre de propriété de la radio a été rétrocédé à la commune, il n’y a pas eu un document officiel.

C’est ce document qu’attend toujours madame le maire. Le directeur régional du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, a-t-elle souligné, a reçu des instructions de sa hiérarchie, ce qui lui fait dire qu’il n’ y aura plus de blocage et qu’on pourra enfin avancer. La présidente du Conseil a promis de traiter prioritairement le dossier de la « Radio Kosen Kibaru » de Nouna qui a un statut hybride à clarifier, puisqu’elle n’est ni communautaire, ni municipale, encore moins locale, c’est-à-dire relevant du ministère de la Communication.

Tout a pratiquement été vu

D’une tournée à l’autre, a reconnu la présidente du CSC, les réalités socioculturelles et économiques sont différentes mais il y a une constante. De plus en plus, les médias et particulièrement les radios de proximité occupent une place incontournable et irremplaçable dans la vie quotidienne des populations.

Cela est très réjouissant, selon elle. Autre constat, malgré les nombreuses difficultés, les acteurs de terrain sont vraiment animés d’un engagement, d’une détermination à faire vivre les différentes radios visitées dont ils savent que les populations s’en alimentent tous les jours. Il y a aussi les rapports excellents qui existent entre les organes de presse et les autorités administratives locales, qui leur apportent un soutien.

Cela aide beaucoup le CSC, en ce sens que pour lui, leur raison d’exister, c’est de pouvoir être des canaux de communication non seulement entre l’administration et les administrés, mais aussi entre les populations elles-mêmes, les différents villages où il n’y a plus de frontières. Les populations remarquent combien il est plus facile aujourd’hui pour elles de faire passer des messages, des communiqués par la voix de ondes. La sortie des responsables du CSC visait à voir ce qui ne va pas, les insuffisances, les manquements dans les émissions afin de rectifier, si cela est possible, à travers des critiques et des conseils.

Une décision a été prise au niveau de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de passer de l’analogique au numérique dans les radios d’ici à 2015. Cette décision, a souligné Béatrice Damiba, s’impose au Burkina en tant que pays membre de l’Union. Elle n’a donc cessé d’appeler les promoteurs, tout au long de sa tournée, à se tenir prêts pour ce rendez-vous afin de ne pas être coupés du reste du monde. Elle a également évoqué la question de la carte de presse que doivent posséder les professionnels des médias nationaux.

Pour cette tournée du CSC, sa présidente dit en tirer des sentiments de satisfaction. Elle a pris bonne note des préoccupations qui lui ont été soumises. Certaines radios ne sont pas du tout dans les normes requises et malgré les promesses faites çà et là de se conformer, dans les prochaines semaines, foi de Béatrice Damiba, il est possible que le CSC ait à retirer des fréquences à des radios.

D. Evariste Ouédraogo

L’Observateur

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