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Téné Traoré/Ouattara, monteuse à la RTB : « Lorsqu’on aime un métier, on n’a que faire des préjugés »

jeudi 12 avril 2012

Difficile pour une femme d’exceller dans un métier « dit réservé » aux hommes. C’est le cas pour le travail de montage des images, sons, films… Un métier contraignant qui exige non seulement une perfection permanente, mais aussi une patience absolue. Téné Traoré née Ouattarra a pourtant choisi ce métier. Passionnée, engagée et surtout entreprenante, elle a décroché le premier prix (masque d’or aujourd’hui prix Galian) de la meilleure monteuse en 1998.

Elle est l’une des premières femmes monteuses de la radiotélévision du Burkina (RTB). Un métier qu’elle a adoré depuis la classe de première dans un lycée à Bobo-Dioulasso. L’histoire remonte aux années 1980 lorsque des cinéastes, en l’occurrence Idrissa Ouédraogo, sont venus dans la ville de Sya pour une semaine de projection de films. C’était en présence d’une foule nombreuse. Sidérée pendant toute la semaine, Téné Traoré raconte : « Les gens étaient impressionnés en voulant comprendre comment cela se passait parce que ça sortait de l’ordinaire. Et moi je faisais partie de ces gens curieux ». C’est donc à partir de ces années (1984/85) que Téné est devenue une mordue de cinéma.

Après le baccalauréat, elle s’inscrit à l’Institut africain d’étude en cinéma (INAFEC). Elle y passe trois ans et obtient sa licence en audiovisuel. Mais Téné ne s’arrêta pas là. « J’ai poursuivi mes études à la Sorbonne à Paris », confie-t-elle. Elle revient alors au pays avec en main une maîtrise en production audiovisuelle. Par la suite, elle qui voulait obtenir un Diplôme d’études approfondies (DEA) a été contrainte d’abandonner pour raisons de famille.

Un choix qu’elle ne regrette point

A l’INAFEC, formation générale en réalisation, montage, image, son… Téné a porté son choix sur le montage. « J’ai préféré le montage plutôt que la réalisation parce qu’il n’y avait pas beaucoup de gens dans ce domaine », soutient-elle. De plus, ajoute-t-elle, « La réalisation de film demande beaucoup de moyens financiers qui se font pourtant rares. Mais avec l’évolution du numérique, les coûts de production ont considérablement diminué ».

Téné définit alors le montage comme la mise en forme des éléments (film, image, son, dossier…). « Lorsque les cameramen vont sur le terrain, ils filment tout. Et c’est ce qu’on appelle les rushs. Il revient alors au monteur d’ordonner tout ce qu’on a filmé pour en faire un élément de reportage, de dossier… », indique-t-elle. Rendre les films compréhensibles pour le public. Voici la tâche confiée à Tené. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle remplit son rôle à la perfection. Quant aux journalistes qui travaillent à ses côtés, ils ne cachent pas le bien qu’ils pensent d’elle : « C’est une tantie superbe et surtout compréhensive » lance un journaliste après l’entretien.

Le montage, dit-elle, est un travail passionnant qui demande nécessairement beaucoup de patience. Téné confie qu’il lui arrive de passer toute une journée sur un élément pour lui donner un sens, une forme. Elle coupe ainsi court aux opinions qui soutiennent que le montage « reste » un travail d’homme. Pour elle, c’est plutôt un travail de femme parce qu’il demande plus de patience. Et la femme en est une rompue.

Difficultés

« Lorsqu’une femme se détache du lot, et ce vers la perfection, cela devient une course même pour les hommes », fait-elle remarquer, déplorant par ailleurs les barrières qu’on tentera toujours de lui poser. Téné n’a jamais donné dos à sa passion. Elle a toujours su surmonter les obstacles, se disant que seul le travail paye, et que c’est par le travail qu’on arrive sans conteste à se faire une place. Pour cela, il faut faire de la perfection son alliée. D’ailleurs, soutient-elle : « Lorsqu’on aime son métier, on n’a que faire des préjugés ». La seule difficulté pour la femme est la conciliation de son métier avec son foyer. Pas de souci pour Téné parce que son époux et ses trois enfants sont fiers d’elle et ne cessent de l’encourager.

Elle ambitionne au titre de ses projets, de réaliser et monter un grand film avec toute la qualité et le professionnalisme requis, qui pourra faire le tour du monde. Première du prix masque d’or du meilleur monteur, Téné ne regrette rien, et continue de faire son métier avec un amour immense. Aux filles passionnées du montage, elle leur dit d’y croire en cultivant l’excellence.

Bassératou KINDO
L’express du Faso

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