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Burkina/Médias : « Nous travaillerons dans la pleine conscience pour que nos actions ne mettent pas en péril la dynamique dans laquelle se trouve le pays », Bienvenue Hounkponou, directeur général de C360

mardi 21 mai 2024

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L’espace audiovisuel burkinabè s’est agrandi avec l’arrivée d’une nouvelle web TV, notamment, Conscience 360 (C360). La cérémonie de lancement officiel de cette chaîne sur internet a eu lieu le dimanche 12 mai 2024 à Ouagadougou. Après la cérémonie, nous avons eu un entretien avec le directeur général de cette web TV, Bienvenue Hounkponou. Il évoque dans cet entretien, les raisons de la création de ce média, les missions et les perspectives. Pour son responsable, C360 s’engage à travailler pour soutenir la dynamique dans laquelle se trouve le pays.


Lefaso.net : Vous venez de lancer officiellement votre web TV, C360 aujourd’hui. Qu’est-ce qui justifie la création de cette télévision ?

Bienvenue Hounkponou : Cette création découle de notre volonté de faire circuler les informations crédibles, justes au sein des population burkinabè en particulier et africaines en général. Nous avons estimé que les peuples africains et en particulier celui du Burkina Faso, font face à une dynamique qui nécessite notre accompagnement sur tous les plans. Nous, nous avons choisi de jouer ce rôle sur le plan de l’information.

Pourquoi avez-vous décidé de créer une web TV au lieu d’une télévision classique ?

Il est vrai que la télévision est sur le web mais elle n’a pas vocation à demeurer exclusivement digitale. Pour avoir une télévision en bonne et due forme aujourd’hui, il y a un certain nombre de préalables qui nécessitent du temps. Et au regard de la pertinence de la mission qui a prévalu à la création de cette chaîne, nous avons estimé qu’il nous fallait commencer avec ce qui déjà était immédiatement faisable, le temps de passer dans les autres dimensions, notamment le bouquet Canal+, ce qui d’ailleurs est sur le point d’être une réalité dans un très proche futur.

Quelle est la ligne éditoriale de cette web TV ?

Notre ligne éditoriale est de contribuer à l’édification et à la consolidation de la souveraineté des peuples africains en général et celui du Burkina Faso en particulier. Nous allons travailler à la prise de conscience économique, politique, culturelle, géopolitique et même spirituelle des populations et surtout de la jeunesse.

L’avènement de votre média intervient dans un contexte de crise qui a beaucoup de répercutions économiques sur les médias. Certains mêmes ont mis la clé sous le paillasson, d’autres ont été momentanément fermés pour des raisons d’impayés de taxes. Comment comptez-vous vous en sortir dans cette situation marquée aussi par la concurrence ?

Nous ne voyons pas nos confrères comme des concurrents. Les défis auxquels font face les médias sont réels et nous avons conscience que toute initiative comme celle relative à création et au bon fonctionnement d’un média a besoin de ressources financières. Mais nous misons beaucoup plus sur la qualité des services que nous comptons offrir aux populations burkinabè et africaines pour qu’elles puissent nous revaloir. Nous travaillons à être à la hauteur des attentes pour que les populations consomment nos informations. Nous restons donc lucides sur les engagements et les efforts que cela convoquera de notre part.

Face à ce défi sécuritaire, comment faire pour être résilient ?

Ce n’est pas seulement le Burkina Faso qui est en guerre actuellement dans le monde. Il y a aussi la guerre en Ukraine par exemple et nous voyons comment les Ukrainiens et leurs soutiens occidentaux ou encore les Russes essayent de couvrir cette réalité malheureuse. C’est donc à nous de travailler dans la liberté que donnent les lois burkinabè en la matière tout en nous maintenant dans la pleine conscience de ce que nos actions ne mettent pas en péril la dynamique de libération dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays. Nous sommes conscients de tous ces enjeux.

Nombreux sont ces médias au Burkina Faso qui se sont assignés pratiquement le même objectif que vous. Quelle sera la particularité de C360 dans ce paysage audiovisuel très diversifié ?

La particularité de la C360 est de faire resonner la voix du Burkina Faso dans tous ces compartiments. Effectivement, vous avez parlé de certains médias qui semblent aborder les mêmes objectifs que nous, mais nous nous venons avec la particularité de faire écho de toutes les réalités des populations africaines, notamment, politique, culturelle, économique, entrepreneuriale et spirituelle. Nous avons observé que la plupart des médias qui embrassent le même chemin que nous, généralement, sont soient focus sur l’économie ou la politique, entre autres. Nous, nous embrassons tous les aspects qui contribuent au bien-être de nos populations. Nous voulons être en quelque sorte la résultante des différentes dynamiques positives insufflées déjà par les différents médias existant qui, au demeurant, font un travail remarquable.

Il se dit que C360 a un lien avec les autorités de la transition. Que répondez-vous à cela, et dites-nous qui est derrière cette chaîne ?

Celui qui est derrière C360, c’est celui que vous voyez devant vous. Tous ceux qui me connaissent, savent que je suis du monde de la communication et que ce média est le parachèvement d’un projet nourrit à coups de persévérance et de détermination. C’est vrai que je ne suis pas journaliste, mais dans la grande famille de la communication, j’ai un petit nom. Nous avons aussi entendu ces supputations, mais il y a une question assez simple que les gens devraient se poser. La RTB est une chaîne de l’État burkinabè et je pense qu’elle a plus de moyens que nous pour mieux atteindre les objectifs du gouvernement et des autorités de la transition en matière de communication.

Le gouvernement peut le faire mieux avec la RTB parce qu’il y a assez de ressources là-bas. Ce n’est pas parce que notre ligne éditoriale semble faire écho aux discours tenus par les autorités actuelles que les gens doivent forcément penser qu’elles sont à la manœuvre. Vous pouvez le constater, il y a certaines personnes sur nos antennes qui émettent des réserves par rapports à certaines décisions ou actions des autorités. Si le gouvernement était à la manœuvre, la chaîne n’allait pas offrir ces possibilités à ces gens-là. Notre rôle est de travailler à la disponibilisation et à la diffusion d’informations justes et crédibles afin de contribuer à l’avènement d’un Burkina où les gens se tiennent dans la fraternité et la solidarité au service de la mère patrie. Nous sommes la voix qui s’est donnée pour objectif de défendre les intérêts du Burkina Faso et de l’Afrique.

Vous avez assisté au lancement officiel et vous auriez remarqué que nous n’avions malheureusement pas pu réussir à déplacer ne serait-ce qu’une seule autorité pour raison d’un déséquilibre dans notre système de planification. Mais si ces allégations portées à notre endroit étaient fondées, malgré nos difficultés de planification, on aurait facilement réussi à obtenir la présence d’autorités à notre cérémonie de lancement. Le gouvernement n’est mêlé de près ni de loin à l’avènement de cette télévision. Qu’il vous souvienne que ces genres d’opinion ont été déjà véhiculés sur Canal 3, Savane Média il n’y a pas si longtemps que ça. Demain, peut-être, ils diront aussi que c’est le gouvernement qui est derrière Lefaso.net.

Quels sont vos défis ?

C’est de faire entendre correctement notre voix et nous faire une place de choix dans le paysage médiatique du Burkina Faso et de l’Afrique. Nous allons travailler aussi à disponibiliser des informations riches qui participent à un éveil de conscience général sur le continent et surtout au pays des hommes intègres.

Les perspectives ?
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C’est déjà de passer sur le bouquet Canal+ dans un très proche futur afin de rendre nos productions beaucoup plus accessibles au plus grand nombre. Ensuite c’est de travailler et d’apporter notre réelle contribution à la cause du Faso et de l’Afrique de sorte que lorsque les moments difficiles que connaît notre peuple actuellement seront derrière nous et qu’il sera venu le moment d’en raconter l’histoire, qu’il soit aussi dit que C360 a fait partie de ces organes de presse qui ont joué un rôle assez positif et déterminant dans l’avènement de ce monde nouveau de paix, de sécurité et de bonheur vers le quel marchent inexorablement le Burkina Faso et l’Afrique.

Avez-vous un mot de la fin ?

Nous remercions très sincèrement nos abonnés et nous voulons insister auprès d’eux que notre mission c’est d’être à leur service. Cela veut dire que nous sommes à l’écoute de leurs attentes et observations. Nous sommes très heureux de lire leurs commentaires et leurs diverses suggestions. Ceux qui commentent nos publications depuis le début auront constaté que nous avons beaucoup appris de leurs observations. Et plusieurs fois, nous les avons prises en compte lorsque leur pertinence et leur objectivité sont établies après études. La C360 est la chaîne de tout le monde. S’ils constatent des dérives, qu’ils n’hésitent pas à nous apporter des critiques positives et constructives.

Serge Ika Ki
Lefaso.net

Les légendes
1. Une
2. « Ce n’est pas parce que notre ligne éditoriale semble faire écho aux discours tenus par les autorités actuelles que les gens doivent forcément penser qu’elles sont à la manœuvre », Bienvenue Hounkponou, directeur général de C360

3. Le personnel de C360 se dit engagé pour relever les défis de leur média

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