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Samsk le Jah : « Je ne suis pas une sagesse ambulante »

jeudi 18 février 2010

Artiste musicien et animateur, Samsk le Jah trouve là le meilleur canal pour exprimer et défendre son idéal. Critique virulent des tares de la société et de certaines politiques, il a défrayé la chronique en 2008 lorsqu’il a reçu des menaces de mort. Cela est désormais dans les tiroirs de l’histoire mais n’a pas ébranlé Le Jah dans son rôle d’éclaireur du peuple.


Directeur des programmes et des productions de Ouaga FM depuis 2004, il est le seul rasta qui occupe un tel poste dans une radio au Burkina. Sama Karim de son vrai nom à l’état civil, Samsk le Jah connait une célébrité grandissante à cause de ses positions tranchées. Mais cette célébrité, il la doit surtout à l’émission reggae qu’il anime en nocturne. Elle est enregistrée et vendue en CD piratés dans pratiquement toute l’Afrique et même en Europe.

Samsk le Jah n’est pas qu’animateur, il est aussi chanteur de reggae. Il a déjà trois albums sur le marché discographique (« Mister man », « Bougie pour Thomas Sankara » et « Rasta au pays des merveillesr). C’est donc un fin connaisseur du monde « rasta » qui pilote cette émission, l’une des plus écoutées dans la capitale burkinabè.
L’homme n’est pas un nouveau venu à la radio. Il capitalise plus de 10 ans d’expérience. Dès l’université, il prend contact avec le micro à radio Energie où il animait là aussi une émission reggae. Il y reste jusqu’à la fermeture de radio Energie en 1999 mais il ressuscite son « reggae » dès la naissance de Ouaga Fm en octobre de la même année.

Son grand avantage pour cette émission, c’est l’Anglais qu’il maîtrise pour avoir fait des études dans ce domaine. Le reggae est une musique qui parle essentiellement cette langue et il parvient à traduire les textes et essaie de les coller à la réalité. Spiritualité, politique, économie…, aucun sujet n’est tabou pour le Jah. Ce qui lui a valu des menaces de mort en 2008 et l’incendie de sa voiture. Mais en bon rasta, Karim Sam ne considère pas cela comme un problème. « Dans la vie, il n’y a pas de problème, c’est juste de temps en temps quelques galères et on circule », affirme-t-il.

Il reconnait néanmoins qu’il est difficile de faire l’unanimité lorsqu’on aborde des sujets sensibles. Malgré tout, même si certaines personnes sont allergiques à la contradiction, « la dialectique veut qu’il y ait toujours la thèse et l’antithèse », se convainc Samsk le Jah. Ce qu’il regrette le plus, c’est de croire qu’il est instrumentalisé par des politiciens. « Ce qui est dommage dans ce pays c’est que beaucoup pensent qu’on ne peut rien faire de façon désintéressée. On voit toujours une coloration politique ou une main cachée derrière », nous confie-t-il l’air amer.

Nullement instrumentalisé par les partis sankaristes, le Jah n’en demeure pas moins un sankariste convaincu. Il l’exprime jusque dans son habillement. Il va jusqu’à comparer Thomas Sankara à certains prophètes. « C’est un bonheur d’avoir eu un personnage comme Thomas Sankara dans ma vie. J’ai lu la Bible, j’ai été séduit par les enseignements de Jésus qui est très loin de moi et beaucoup plus proche de moi, il y avait quelqu’un comme Thomas Sankara qui enseigne certaines vertus. Une société d’hommes ne se construit pas sans un minimum de vertu et il a incarné ça. Pour moi, c’est ce qu’il faut mettre en valeur ». Mais « Je ne suis pas politicien et je porte des dreads locks qui font que je ne peux même pas être politicien dans ce pays », précise-t-il. Qu’à cela ne tienne cette émission lui apporte entière satisfaction.

Elle apporte du réconfort, de l’espoir à des gens. Quelqu’un qui a eu envie de se suicider et qui est tombé sur l’émission, quelqu’un qui a été abandonné par sa femme ou son mari, en écoutant l’émission a repris goût à la vie ; les expériences ne manquent pas. Même de l’argent, le Jah dit en recevoir parfois pour avoir redonné le courage de vivre à des gens. Il est « le vieux père » pour plusieurs jeunes qui le prennent pour exemple. Même des personnes plus âgées viennent demander conseil souvent. Pour autant, il ne se proclame pas une sagesse ambulante. « Avec mes crises de galères et de folie, je ne suis qu’un être humain », précise-t-il. Mais face à un problème sérieux, Samsk sait se mettre dans une position de sagesse pour contribuer à sa résolution.

Inutile pourtant de demander son âge si vous ne comprenez pas le langage rasta : « je suis né le 26 Septembre, rasta n’a pas d’âge, il est de tous les âges », vous répondra-t-il.

Animé d’un esprit militant, Samsk le Jah est un homme convaincu d’un idéal à défendre. « On a le droit de lutter et il faut qu’on lutte pour y arriver. Que chacun prenne conscience de ce qu’il peut apporter pour construire le pays, c’est le plus important », dit-il.

Le Jah n’a pas manqué de présenter ses vœux aux internautes du Faso.net en demandant surtout que 2010 soit une année de justice et d’égalité de droit et non une année de paix car selon lui s’il y a justice et égalité de droit, la paix en découle. On qualifie les rastas de fous ou de drogués, le Jah s’en moque éperdument. Mais « la vérité ne vient que de la bouche des enfants et des fous », conclut-t-il.

Moussa Diallo
FAso-tic.net

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