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Communication numérique au Burkina : La bande passante de l’Internet augmentera bientôt de 5 gigabits

LEFASO.NET | Par Cryspin Masneang Laoundiki

mercredi 11 juillet 2018

Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a procédé à la réception officielle d’infrastructures de communication numérique, ce mardi 10 juillet 2018 à Ouagadougou. Cette cérémonie entre dans le cadre du Programme régional d’infrastructures de communication en Afrique de l’ouest - Projet du Burkina Faso (PRICAO-BF), financé par la Banque mondiale.


« Le Burkina Faso est désormais outillé pour rattraper le retard pris par rapport aux pays côtiers de la sous-région », a annoncé le directeur des opérations de la Banque mondiale, Pierre Laporte, au cours de la cérémonie de la réception officielle des infrastructures de communication numérique. C’est une action qui entre dans le cadre du Programme régional d’infrastructures de communication en Afrique de l’ouest - Projet du Burkina Faso (PRICAO-BF), financé par la Banque mondiale sous forme de don, à un coût de 11,5 milliards de francs CFA.

Selon le directeur général des infrastructures de communications électroniques, Galiam Ouédraogo, ce programme qui est entré en vigueur le 22 décembre 2011, a pour objectif de connecter le Burkina Faso au même titre que les autres pays de l’Afrique de l’Ouest. « Pour ce faire, le programme a été organisé en trois composantes : l’amélioration de la connectivité, la création d’un environnement propice pour la connectivité et la gestion de projet », a-t-il indiqué.

Les avantages du PRICAO-BF

À en croire Pierre Laporte, ce programme a permis des avancées concrètes dans le secteur du numérique au Burkina Faso. En ce qui concerne les infrastructures, il a cité : le Point d’atterrissement virtuel (PAV), qui permet d’apporter de la capacité internationale depuis les câbles sous-marins jusqu’à Ouagadougou ; une liaison en fibre optique de plus 300 kilomètres depuis Ouagadougou jusqu’à la frontière du Ghana en passant par Manga et Pô, avec une bretelle vers Bagrépôle ; le point d’échange internet pour améliorer et faciliter les échanges de trafic internet locaux et l’accès au contenu local.

Avec ces infrastructures réceptionnées, la connectivité nationale, régionale et internationale va connaître une amélioration sur les coûts au profit des utilisateurs. Selon les techniciens, ce programme va contribuer à la modernisation de l’administration publique et améliorer l’efficacité et la compétitivité du secteur privé.

Les TIC au cœur des défis de la mondialisation

« La qualité et la stabilité des services de communication électroniques sont fréquemment décriées par les consommateurs », a constaté le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Et d’ajouter que cela ne peut pas perdurer, car « cela n’est pas tolérable par le gouvernement ».

De nos jours, les Technologies de l’information et de la communication (TIC) sont au cœur de la compétitivité des économies nationales, dans ce contexte mondialisé, a déclaré le chef du gouvernement. « L’accès aux TIC relèvent maintenant de la question de droit comme ceux à l’eau potable, au logement et à l’électricité », précise-t-il.

Ainsi, le Burkina Faso ne compte pas être en marge de cette compétitivité. L’une des grandes réalisations du PRICAO-BF est la mise en place du Point d’atterrissement virtuel (PAV) de Ouagadougou qui prend en compte deux éléments clés : l’acquisition, l’installation et la configuration d’équipements d’accès et de gestion de la bande passante internationale ; l’approvisionnement sous forme d’IRU (droit d’utilisation irrévocable) d’une capacité de bande passante internationale.
C’est une acquisition de 5 gigabits par seconde (GBps) de capacité internationale qui a été réceptionnée au cours de cette cérémonie.

À cette occasion, le chef du gouvernement a déploré le taux d’accès à l’Internet au Burkina Faso, qui, selon lui, est de 19% seulement et largement en dessous de la moyenne africaine qui est estimée à 25%. Aussi, il a indiqué que le coût moyen de connexion au Burkina varie de 20 000 à 25 000 francs CFA par mois. « Ce qui n’est pas à la portée des Burkinabè moyens », a-t-il signifié.

Cryspin Masneang Laoundiki
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