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Barthélémy Konseibo, président de la commission thème de la 11e SNI : « Nous voulons que l’ensemble de la population se mette aux payements électroniques »

dimanche 28 juin 2015

La 11e semaine nationale de l’internet (SNI) s’intéresse à la promotion des moyens et outils de payements électroniques au Burkina. Du 23 au 28 juin, fournisseurs de services, techniciens et grand public vont mener la réflexion sur ces nouveaux modes de payement qui s’installent de plus dans les habitudes des populations. Le président de la commission thème de cette édition de la SNI est Barthélémy Konseibo, génie informaticien à l’Agence nationale de promotion des TIC au ministère du développement numérique et des postes. Il nous dit davantage sur la pertinence du thème ainsi que les entraves à lever pour faire du payement électronique, un outil privilégié au Burkina.


Lefaso.net : « La promotion des moyens et outils de payement électroniques au Burkina Faso : enjeux et perspectives », c’est le thème de cette 11e édition de la SNI, pourquoi ce choix ?

Barthélémy Konseibo : Nous voulons à travers ce thème, amener les acteurs et l’ensemble des citoyens à utiliser davantage les moyens de payement électroniques. L’édition de 2010 était TIC et commerce. Cette année nous avons décidé de particulariser avec les moyens de payement électroniques pour creuser davantage dans le domaine. Nous pensons que cela peut permettre de faciliter, d’être plus rapide et de sécuriser aussi les transactions.
Il y a le gain en temps avec ces moyens. Lorsque par exemple vous voulez payer votre facture d’électricité, avec votre téléphone, à n’importe quelle heure, vous pouvez le faire, au lieu de toujours tenir compte des heures d’ouverture et de fermeture des guichets , des longues files d’attentes et des déplacements. Si ces moyens entrent dans les habitudes des burkinabè, cela peut faciliter beaucoup de choses.

Avec les téléphonies mobiles et les banques, le payement électronique commence à faire son petit bonhomme de chemin, comment appréciez-vous ce qui est déjà proposé ?

Comme on le dit, c’est bon mais ce n’est pas encore arrivé. Déjà l’état de bancarisation est très faible. On a une population majoritairement analphabète, mais qui arrivent à utiliser certaines fonctions du téléphone. Nous estimons que c’est déjà un outil à leur portée, ne serait- ce que pour payer certains services, transférer de l’argent. L’objectif c’est d’amener le maximum de personnes à utiliser ces moyens de payement pour certains services.

Quelles sont les limites relatives aux payements électroniques au Burkina ?

Ce n’est pas la majorité des burkinabè qui utilisent ces moyens. Nous voudrions que l’ensemble de la population s’y mette, mais il faut prendre en compte d’autres aspects comme la sécurité. Il y a des contraintes que les opérateurs eux-mêmes travaillent à minimiser. Je pense par exemple à la limitation des montants que les gens peuvent déposer sur leur porte-monnaie électronique. Avec certains opérateurs, ce montante est vraiment limité. Cela était lié à des limites techniques, mais je pense de plus en plus que les opérateurs travaillent à rendre les services plus performants, plus sécurisés et plus sûrs.
Il faut maintenant mener un travail de sensibilisation, surtout pour les paiements en ligne afin que les utilisateurs puissent identifier les sites les plus sécurisés pour les transactions. Avec les opérateurs nationaux qui sont le plus souvent adossés à des banques, c’est plus sûr.
Pour le paiement des factures, SONABEL, ONEA, ces derniers n’ont pas encore des bases de données centralisées. Quand un consommateur paye par le biais de moyens électroniques, si c’est centralisé, quel que soit le guichet, c’est mis à jour. Etant donné que ce n’est pas encore le cas, les agents doivent copier les données relatives à leurs zones avec les clés USB pour les mettre à jour dans leurs ordinateurs pour que le client vienne payer. Mais quand l’agent prend des jours avant d’aller prendre les données mises à jour sur la base centrale, quelqu’un peut avoir payé sa facture par exemple du mois de mai, et au moment de payer celui de juin, il peut s’entendre dire que la facture précédente n’est pas encore réglée.
Voilà pourquoi je dis que c’est bon, mais ce n’est pas encore parfait. Mais on ne peut pas attendre que tout soit prêt à tous les niveaux, cadre juridique, applicatif, les applications infracteurs, avant d’y aller. Par exemple le cadre juridique n’est pas encore mis à jour. Le code pénal ne prend pas encore en compte les nouvelles infractions liées aux TICs.

Dans le thème de cette semaine, il y a les perspectives, est ce qu’à l’issue de la semaine des actions seront entreprises pour pallier les difficultés que vous soulevez ?

Dans les débats, il y a des questions qui reviennent. Sur la possibilité d’ouvrir le paiement en ligne à toutes les banques. Au niveau aussi des finances publiques, des impôts, les inscriptions des étudiants, beaucoup de choses sont proposées. Mais on attend de voir d’ici la fin s’il y a des lignes directrices qu’on peut proposer à qui de droit pour que le système s’améliore.

Au-delà de l’événementiel, comment comptez-vous vous y prendre pour que le message passe au cours de cette semaine ?

En tant que ministère, nous travaillons pour que tous les acteurs réalisent que c’est nécessaire que l’ensemble de la population se mette aux TICs. Nous avons eu la journée des conférences hier (Ndlr. 24 juin) pendant laquelle les cadres juridiques et les concepts ont été présentés. On a montré également les perspectives. Nous avons également eu un panel avec deux opérateurs qui ont chacun présenté son mode de payement électronique. Nous avons eu sur le même plateau, des opérateurs, des personnes qui sont neutres. Les jeunes étudiants, les corps habillés et le grand public étaient présents et les débats étaient forts intéressants.
La SNI se tient pour faire la promotion des TICs auprès de tous les citoyens, mais nous essayons d’aborder les opérateurs pour les impliquer, les amener à faire davantage des efforts pour que les citoyens soient sensibilisés.

Pourquoi avoir choisi seulement les opérateurs de téléphonies ?

Disons que ces opérateurs ont été plus sensibles et plus faciles à mobiliser. Sinon, il y a eu des actions envers les établissements financiers, les banques et les assurances. Mais pour cette édition, ils n’ont pas été très réactifs.
Comme les années précédentes, nous avons organisé des conférences dans les établissements. Mais au regard des moyens limités et certaines contraintes pour cette édition, nous n’avons pas pu aller dans certaines provinces. Mais nous avons fait une présentation à Ziniaré et à Kaya lors du lancement de la campagne d’initiation et lors des formations continues, nous avons continué de sensibiliser les jeunes à ces outils.

Propos recueillis par Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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