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ONATEL : Ces vandales qui nous privent de téléphone et d’Internet

lundi 11 juillet 2011

L’Office national des télécommunications (ONATEL) subit d’énormes dégâts de ses installations. Pour mieux informer le public, ses responsables ont organisé, ce jeudi 7 juillet 2011, une visite de terrain avec les hommes de média dans plusieurs secteurs de la ville de Ouagadougou. La situation est préoccupante à l’ONATEL : des câbles téléphoniques et même la fibre optique reliant Ouagadougou aux régions de l’Ouest et du Centre-Ouest ont été endommagés ces derniers temps.


225 actes de vandalisme dont 24 sur le réseau de câbles à fibre optique pour des préjudices se chiffrant à plus de 845 millions de francs CFA, 23 dégâts causés par les entreprises de travaux publics pour des préjudices subis de plus 640 millions de francs CFA, telles sont les statistiques des dégâts et actes de vandalisme fournis par les responsables de l’ONATEL pour l’année 2010. Les montants cumulés des préjudices sont estimés à plus d’1 milliard 485 millions de francs CFA.

Durant le premier trimestre de l’année 2011, l’office a connu la recrudescence des actes de vandalisme mais aussi des dégâts sur ses installations. 252 actes de vandalisme sur le réseau d’accès, 10 dégâts sur le réseau de câbles à fibre optique, 19 dégâts causés par les entreprises de travaux publics et autres usagers de la route. « L’évaluation totale de ces préjudices est en cours mais la particularité de cette année est que les vols de câbles et actes de vandalisme qui étaient limités à la Direction régionale du Centre se sont étendus aux autres Directions régionales qui étaient jusque là relativement épargnées », a indiqué le directeur général de l’ONATEL-SA, Mohammed Morchid, au cours d’une conférence de presse tenue à l’issue de la visite de terrain.

De Somgandé (secteur n°25) dans l’arrondissement de Nongr-Massom au secteur n°18 à celui de Boulmiougou, en passant par les secteurs n°28, 30, 17, ce sont plusieurs mètres de câbles qui ont été sectionnés et emportés par des individus non encore identifiés. Selon les responsables de l’ONATEL, les câbles sectionnés sont recherchés pour le cuivre, matériau utilisé dans le travail du bronze. Du coup, ce sont des milliers d’abonnés de l’ONATEL-SA qui sont privés du téléphone fixe, de l’Internet…

A en croire Idrissa Nandia, chef de Service installation et service après-vente (SISAV), les actes de vol et de vandalisme sont opérés entre 2 heures et 5 heures du matin. « Quand ils viennent, ils ouvrent la chambre téléphonique où passent les câbles multi-paires qui desservent les secteurs de la ville de Ouagadougou et ils les coupent. Nous avons des câbles de deux types : des câbles de transport et des câbles de distribution. Ils coupent aussi bien le câble de distribution que le câble de transport. Ils sectionnent tout et tout le secteur est dans le black-out total ; aucune ligne de téléphone ne marche, ni le fixe ni le mobile… », a expliqué Idrissa Nandia.

Et comme le souligne le chef de Centre des travaux et réseau d’accès de l’ONATEL, Mamadou Konaté, le dégât subi est immense en termes de câbles, de temps de réparation. Et il se chiffre à des centaines de millions de francs CFA. Tous les quartiers de Ouagadougou sont concernés par le phénomène, de même que les villes de Bobo-Dioulasso, Kaya, Ouahigouya. Ces actes de vandalisme et les dégâts ont pour conséquences l’impossibilité de desserte téléphonique des secteurs, localités et villes ; l’interruption des communications téléphoniques entre des régions du Burkina et entre le pays lui-même et l’étranger, pour ce qui concerne le réseau de fibre optique.

Selon le directeur général Mohammed Morchid, ces actes de vandalisme et de dégâts « compromettent le développement de l’Internet large bande, dans la mesure où le réseau filaire est le support inégalé à ce jour de l’Internet haut débit ; ils portent atteinte à la sécurité des biens et des personnes ; en outre, ils ont un impact négatif sur l’activité économique et l’image du pays. Enfin, les actes de vandalisme et les dégâts ont un impact négatif sur les performances de l’ONATEL et par conséquent, sur les recettes de l’Etat (Taxe sur la valeur ajoutée, impôt sur les sociétés, etc.) »

Un appel à la population burkinabè

Le président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), Pierre Nacoulma qui est allé constater de visu l’ampleur des dégâts a lancé un appel à tous les consommateurs afin que ceux-ci contribuent à sécuriser les installations de l’ONATEL. « Quand on voit l’ampleur des dégâts, on a un pincement au cœur. On se dit que c’est l’argent du contribuable qu’on a jeté. Il est vrai que c’est l’ONATEL mais l’ONATEL ne vit que sur l’argent des consommateurs. Il faut bien qu’il y ait des consommateurs pour que l’ONATEL puisse renflouer ses caisses et pouvoir rendre ce service qui, malheureusement, est pratiquement détruit ; chaque fois il faut recommencer.

Ce qui les empêche d’étendre leur réseau et de faire des investissements, parce qu’ils passent leur temps à faire des reprises », a déploré Pierre Nacoulma. Face à cette situation dommageable pour le pays, le président de la LCB a lancé un appel aux populations afin qu’elles aient une attitude citoyenne. « Pour ceux qui sont à côté de ces cabines, dès qu’il y a des mouvements suspects, qu’ils puissent interpeller l’autorité pour qu’on puisse mettre la main sur ces vandales qui causent un grand tort aux consommateurs. Je lance aussi un appel à l’adresse des autorités judiciaires, des forces de défense et de sécurité, qu’elles redoublent de vigilance pour que les consommateurs puissent vraiment profiter de ces services », a-t-il lancé.

Des actions de sécurisation sont entreprises par l’ONATEL à travers le déploiement de vigiles pour la protection des installations, des opérations de soudure des chambres téléphoniques ou de bétonnage sont aussi menées. Les forces de défense et de sécurité qui participent à la sécurisation de ces installations auraient appréhendé un groupe de délinquants armés de pistolets automatiques et munis de matériel pour sectionner les câbles le 6 juillet dernier dans la région du Nord.

Enok KINDO

Sidwaya

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