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Lutte contre la cybercriminalité au Burkina : Le diagnostic du commissaire de police Serges Ilboudo

jeudi 16 juin 2011

Les soutenances de mémoire de fin de cycle se déroulent à l’école nationale de la police depuis quelques jours. 31 élèves commissaires de police et 5 inspecteurs de garde de sécurité pénitentiaire présentent leur production devant des jurys. Ce mercredi, c’était le tour de Adama Serges Ilboudo de présenter son document sur le thème : « la lutte contre la cybercriminalité au Burkina Faso ». Objectif : faire connaître la cybercriminalité, faire l’état des lieux du phénomène au Burkina Faso et proposer une stratégie de lutte.


L’évolution des Technologies de l’information et de la communication a façonné une nouvelle société avec d’innombrables opportunités. Elle a aussi engendré de nouveaux risques et de nouvelles menaces dont la cybercriminalité. Quelque peu méconnu, ce phénomène fait l’objet de hantise de la plupart des utilisateurs des TIC. En tant que variante de la communauté informatique, la cybercriminalité est souvent confondue à celle-ci. C’est dire toute la complexité de la notion. Une des raisons de plus pour l’élève commissaire de police d’apporter des précisions. « La cybercriminalité regroupe l’ensemble des infractions pénales sur les réseaux de télécommunications et des réseaux Internet en général ».

Atteintes à la sureté de l’Etat, à la vie privée, à la propriété intellectuelle, aux biens et aux mœurs ; ce sont entre autres les problèmes de sécurité posés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. La cybercriminalité est une menace qui pèse non pas seulement sur les internautes, mais sur chaque citoyen d’une manière générale. Personnes physiques ou morales, nul n’est à l’abri. Mais, « le système informatique du gouvernement et des institutions financières seraient les nouvelles cibles d’attaque des cybercriminels », précise l’impétrant, qui pour la collecte des données s‘est focalisé sur des entretiens avec des personnes ressources du domaine.

La cybercriminalité correspond à deux catégories d’infraction : les infractions où l’informatique est l’objet de crime ou de délit (atteinte à la confidentialité, à l’authenticité, à l’intégrité via des réseaux informatiques) et les infractions ou l’informatique est le moyen de commission d’un crime ou d’un délit (atteinte à la personnalité, à la propriété, aux institutions).

Les systèmes informatiques peuvent faire l’objet d’attaque physique ou attaque logique menées à distance. Les auteurs ayant des connaissances de plus en plus poussées en informatiques, « la cybercriminalité se présente aujourd’hui comme la 3e plus grande menace pour les pays après les armes chimiques et bactériologiques et le nucléaire », soutient Adama Serges Ilboudou, citant un rapport des Nations Unies.

Des carences énormes

Au Burkina Faso, les statistiques disponibles (2003-2007) font état de 309 550 000f escroqués par les cybercriminels. Au cours de la même période, 300 personnes ont été interpellées et conduites au parquet pour escroquerie par Internet. Des chiffres qui ont surement connu un accroissement important ces derniers temps. Ces actes seraient facilités par les carences de la stratégie de lutte contre le phénomène.
Inadéquation de la législation, insuffisance de structures spécialisées dans la lutte, manque de compétence et de moyens matériels, absence de sensibilisation et de coopération…, ainsi pourraient se résumer les carences de la lutte contre la cybercriminalité au Burkina comporte.

Pour y remédier, Adama Serges Ilboudo propose la relecture du code pénal et du code de procédure pénale (qui date de 1968) pour prendre en compte la cybercriminalité, l’harmonisation des textes juridiques communautaires, la ratification de la convention de Budapest sur la cybersécurité. La création d’un centre national d’éveil et d’alerte et d’une structure nationale de lutte contre la cybercriminalité font partie des propositions du désormais commissaire de police. Sans oublier l’accentuation de la sensibilisation et pourquoi pas de la répression. L’objectif final étant de « faire en sorte qu’aucun cybercriminel ne soit à l’abri nulle part ».

L’accès aux informations, c’était la plus grande difficulté à laquelle Adama Serges Ilboudo a été confronté pendant la réalisation de ce travail scientifique qui est d’un intérêt certain, mais dont la plupart des informations sont dites confidentielles. L’impétrant avait déjà reçu une formation d’ingénieur informaticien avant son arrivée à l’école nationale de police comme élève commissaire. Quoi de plus normal donc que de choisir « un thème alliant l’informatique et les aspects de la police ». Pourvu que ce travail serve dans la lutte contre ce phénomène qui ne connait pas de frontière.

Le travail ne manque pas d’intérêt du fait de l’actualité du thème, mais aussi de la profondeur du contenu du document, ont relevé les membres du jury. Cependant, le jury a déploré d’énormes coquilles sur pratiquement toutes les pages. Ayant estimé que cela n’enlève en rien au travail sa valeur, le jury présidé par le commissaire de police Roger Zango a décerné la note de 16/20 au candidat dans une salve d’applaudissement de la salle.

Moussa Diallo
Faso-tic.net

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