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Si Tertius savait et si journalistes pouvaient

samedi 9 octobre 2010

Le 22 septembre 2010, soit le jour du lancement officiel de l’Annuaire du Premier ministère, le locataire de la maison, Tertius Zongo bien entendu, a dit quelque chose à la fois agréable et édifiante. Selon son Excellence le Premier ministre, " il y a les journalistes de bonne foi. Quand ils arrivent qu’ils se trompent dans leurs critiques, c’est par manque d’informations. Mais il y a d’autres, malgré les vraies informations dont ils disposent, quand ils se lèvent le matin, ils écrivent ce qu’ils veulent écrire ". Le Premier ministre vient de soulever, peut-être sans le savoir ou vouloir, un des maux de notre démocratie.

Son Excellence note ici les travers de notre presse marquée quelque part par une insuffisance de vérification ou de contrôle des faits. Ce comportement des journalistes ne fait que délégitimer leur rôle et leur mission dans la société en construction démocratique. Mais son Excellence souligne que les hommes et femmes de médias peuvent se tromper dans leurs analyses et critiques et cela, par manque d’informations. " Erratum humanum est ", disent les latins. L’erreur est humaine.

Son Excellence Tertius Zongo, catégorise les " autres ". Ceux là qui, selon lui, décident volontairement de se passer des " vraies informations " et écrivent tout ce qu’ils veulent ou passe par la tête. De façon caricaturale, les reporters ou les rédacteurs, du fait peut-être, qu’ils ont mal dormi, eu des insomnies ou des cauchemars, ont eu à manger ou pas, un matin ou un soir, décident d’écrire des articles hollywoodiens pour le public. Notre monde a ses anges, il a aussi ses démons. C’est presqu’un crime que des hommes ou des femmes, " journalistes " optent pour le mensonge ou la désinformation pour des raisons qui ne servent pas la démocratie et les citoyens.

Nous pensons que le Premier ministre aurait dû insister sur d’autres points plus graves encore !

Ses propos nous ont rappelé ceux d’une magistrate qui évoquait avec des journalistes la question du droit à l’information. Elle disait substantiellement qu’au Burkina Faso, les journalistes sont des artisans de premier ordre du non accès à l’information par les citoyens. Du fait que les journalistes ne font que courir derrière des ateliers, des séminaires, des conférences et des colloques destinés à une certaine élite citadine.

La réalité est que les média sont embarqués par les "commandeurs" des informations promotionnelles. Seuls ceux qui disposent du pouvoir d’achat ont droit à la parole. Les autres n’ont accès aux colonnes, à l’écran que quand, à la limite, la catastrophe leur tombe dessus.

Son Excellence en est conscient. Il est conscient que l’information officielle de nos services publics ne représente qu’une partie de la " vérité ".

Notre système porte en lui-même les germes d’un sevrage des citoyens en informations. La grande masse consomme l’ordre informationnel ourdi par les marchands et les argentiers. En la matière, certains médias sont des preuves convaincantes. Son Excellence n’imagine pas que des confrères puissent être obligés de tordre le cou à leur déontologie pour contenter les " puissances " de la République ou de notre système socio-économique et politique. Ces " puissances " ne qualifient de " bon " journaliste que celui-là qui accepte passer sous silence ce qui fâche, quand bien même, les intérêts de milliers de citoyens seraient menacés. La logique actuelle est simple : " regardez et taisez-vous " !

Finalement, il apparaît comme une connivence entre média et commandeurs des informations qui les ont prises en otage alors qu’elles sont la première matière de la construction humaine.

Nous ne sommes pas sûrs que le Premier ministre ait vu toute la problématique qui entoure sa phrase citée plus haut.

Nous sommes heureux de constater que le chef du gouvernement fait de la transparence, et donc fait de l’accès à l’information vraie, un point essentiel de ses missions.

En poussant la réflexion plus loin, on pourrait sauver notre démocratie en amenant les journalistes, tous les journalistes à donner la bonne et la vraie information aux citoyens. Cela concerne également les détenteurs des informations d’intérêt public. Ils doivent accepter que ces informations sortent de leurs gîtes. Notre démocratie et la vie des citoyens en dépendent. Enormément !

Par Bendré

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